She made her way to Grasse, land of fragrant hills, and there met Ernest Beaux, once perfumer to the Russian court, who still carried within him the exile of snows and lost palaces. She confided her dream to him: a new fragrance, as skillfully built as a dress. Among the vials he held out to her, like so many visions offered to the night, her hand came to rest on the fifth: jasmine, rose, neroli, vetiver, and those strange aldehydes, fragments of a world that is no longer quite our own. Thus was born, in 1921, Chanel N°5, destined to cross the century.
But beneath this perfume sleeps another story, that of the flowers of Grasse. For generations, jasmine and rose have bloomed there, tended with an almost sacred patience, as one watches over a forgotten cult. Threatened by advancing cities and changing times, this tradition found a guardian when Chanel joined forces, in 1987, with the Mul family, who cultivate flowers in Pégomas. Even today, at the blue hour when dawn hesitates between dream and waking, the pickers go out into the fields, gathering the fragile petals by hand before they yield their souls to the perfumers. In every drop of N°5 slumber thousands of flowers, and a whole heritage of ancient gestures, handed down like a secret from mother to daughter.
As for the famous bottle, legend has it that it was born from a travel flask carried by Russian officers, its design whispered to Chanel by her lover, Grand Duke Dmitri Pavlovich, a distant and melancholy prince.
Its name, they say, comes from the number dear to the couturière: five, a sign of luck and destiny, like a secret star. One evening, in a restaurant in Cannes, Coco, with a furtive gesture, is said to have sprayed her perfume as a few elegant women passed by, and all the diners suddenly awoke as from a dream.
Success was not long in coming. Having become one of the most celebrated perfumes in the world, which Marilyn Monroe helped enter legend, N°5 remains more than a fragrance: it is the memory of a woman who understood that elegance was not only to be seen, but could also be breathed in, like the memory of a vanished love.
FM


Bruno Pavlovsky à la tête de la vertu écologique : quand les pompiers sont recrutés chez les marchands d’allumettes.
Monet aurait-il été directeur artistique chez Vuitton ? La question prête à sourire, mais la mode a déjà répondu : l’artiste n’est plus invité au défilé, il le dirige.

Il aura donc fallu attendre 2026 pour que le monde de la mode découvre une évidence que l’on ne profite pas de sa position pour abuser des plus vulnérables. Quelle révolution ! Quelle audace ! Deux géants du luxe : un français et un Italien annoncent désormais une « tolérance zéro », comme si le respect, le consentement et la protection des mineurs étaient des concepts avant-gardistes.
Je suis entré sous la verrière du Grand Palais comme on pénètre dans un souvenir qui n’est pas encore le sien. Tout y était couleur, tout y était élan : des teintes qui se répondaient comme des échos au bord d’une falaise, des silhouettes qui allaient et venaient, les unes sévères, les autres rieuses, et sur chacune la main d’un homme, Mathieu Blazy, qui avait voulu embrasser Chanel tout entière, sa légende et son avenir avec 83 silhouettes couvrant une grande variété de styles.
Weinsanto, qui était, dans sa juvénilité, parti étudier le « balai » à Stuttgart, la ville où l’on fabrique des Porsches, et où les sols reluisent comme les stagiaires de Monsieur Grumler ! Il est revenu du Saint-Empire romain germanique avec une idée de la couture qui ressemble davantage à une vieille Peugeot : ça roule, mais on n’en garde aucun souvenir.
Il ne passe pas, il demeure, et ce n’est pas un visiteur, c’est un locataire qui a fini par payer son loyer en heures perdues. Il est là quand on ouvre les yeux, dans la lumière grise qui filtre sous les volets, avant même que la pensée ait pu se défendre.
Il paraît que le vestiaire d’aujourd’hui, ressemble à ça : des mannequins qui semblent sorties tout droit d’une bouche d’égout, vêtements en lambeaux, ourlets effilochés comme si elles avaient survécu à une explosion dans une usine textile de Mumbai. On appelle ça de la « mode déconstruite », du « grunge de luxe », de « l’esthétique post-apocalyptique revisitée par un directeur artistique « Kean, pour ne pas le nommé, qui n’est jamais certainement descendu dans le métro à l’heure de pointe ». Il est un adepte de la société de Wladimir Putin pour simuler ses vêtements après un essaim de drones Ukrainien.