Évènements Fraîchement Actualisés
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DU COTÉ DE CHEZ SWAINE

Il est des maisons qui naissent d’un claquement de mèche dans l’air froid d’un matin d’équipage. Swaine fut de celles-là. En l’an de grâce 1750, sous le règne de princes, dont les carrosses fendaient la poussière des routes britanniques, un artisan façonna une chambrière, ce long fouet de conduite dont le cocher use pour dire à ses chevaux la volonté du maître. Du geste le plus humble naquit le privilège le plus haut : la famille royale britannique daigna s’y fournir, et la maison en reçut cette noblesse que ni l’or ni l’intrigue ne confèrent, mais seulement le temps et la perfection du métier. Lire la suite »
COPERNI : LE PRIX DU BUZZ

Il est des faillites qui dépassent le simple naufrage d’une entreprise. Elles révèlent, avec une ironie presque cruelle, l’aveuglement de ceux qui prétendent gouverner le destin de la mode française. Coperni, cette maison portée aux nues, célébrée pour ses prouesses technologiques et accueillie dans le calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, cesse aujourd’hui ses activités. Le rideau tombe, les projecteurs s’éteignent et, derrière les effets de scène, apparaît cette vieille vérité que les grands stratèges semblent avoir oublié : on ne bâtit pas une maison de mode avec du spectacle et des communiqués de presse. Lire la suite »
AUDEMARS DE LA LIBERTÉ
Quand une montre à 260 000 euros préfère rentrer chez elle !
Voilà une histoire qui ferait sourire même les plus grands horlogers suisses ! À Tokyo, un homme se faisant passer pour un client a essayé une Audemars Piguet estimée à 46 millions de yens, soit plus de 260 000 euros, avant de prendre la fuite avec le précieux garde-temps toujours accroché à son poignet. Mais, contre toute attente, la montre a finalement retrouvé la boutique, accompagnée d’une lettre d’excuses. Lire la suite »
UN PARFUM PORTÉ PRÈS DU COEUR
Lundi dernier, une histoire a commencé à s’écrire : d’un côté, une griffe de soins des cheveux de Venus, et de l’autre, une marque de bijoux de la Cité des Anges, plus habituée aux éclats de métal qu’aux notes de cœur. Elles s’étaient trouvées sans trop savoir comment, comme deux inconnues que le hasard place côte à côte et qui découvrent qu’ils ont la même tendresse pour les petits riens qui font vibrer.
De cette rencontre fut scellé un serment : deux colliers-amulettes, et dans chacun un secret que l’on ouvre du bout des doigts pour y glisser son nectar préféré. Ainsi, un flacon oublié sur une coiffeuse devient un bijou, un talisman.
Chacun coûtait 125 $, le prix d’une promesse, et le nom d’une rue de Paris « St-Honoré ». Pendentif or et argent, comme un coucher de soleil sur la Seine. Ouvrez son écrin et c’est tout Paris qui s’éveille : un gardénia crémeux, une violette timide, la douceur lumineuse de l’ylang-ylang, puis un musc blanc qui reste sur la peau comme un baiser que l’on n’a pas voulu effacer. On l’imaginera au cou d’une rêveuse qui flâne sous les arcades du Palais Royal, le soir, en attendant quelqu’un qui n’arrivera jamais. Lire la suite »
LE PARFUM DES HEURES PERDUES

Paris, 1920. Dans le tumulte de la rue Cambon, où voitures et rêves se croisent au crépuscule, Gabrielle Chanel régnait déjà sur l’élégance parisienne, telle une reine sans royaume que le monde aurait couronnée malgré elle. Mais son âme tourmentée aspirait à un horizon plus lointain : après avoir habillé les femmes, elle voulait leur donner une âme invisible, une signature flottante, un souvenir qui ne s’accrocherait qu’à l’air. Elle prit la route de Grasse, terre de collines parfumées, et y rencontra Ernest Beaux, autrefois parfumeur de la cour de Russie, qui portait encore en lui l’exil des neiges et des palais perdus.
Elle lui confia son rêve : une fragrance nouvelle, aussi habilement construite qu’une robe. Parmi les flacons qu’il lui tendit, comme autant de visions offertes à la nuit, sa main se posa sur le cinquième : jasmin, rose, néroli, vétiver, et ces étranges aldéhydes, fragments d’un monde qui n’est déjà plus tout à fait le nôtre. Ainsi naquit, en 1921, Chanel N°5, voué à traverser le siècle.
Mais sous ce parfum sommeille une autre histoire, celle des fleurs de Grasse. Depuis des générations, le jasmin et la rose y fleurissent, soignés avec une patience presque sacrée, comme on veille sur un culte oublié. Menacée par l’avancée des villes et le changement des temps, cette tradition trouva un gardien lorsque Chanel s’associa, en 1987, avec la famille Mul, qui cultive les fleurs à Pégomas.
LA FASHION ET LE PACTE DES MOUS
Bruno Pavlovsky à la tête de la vertu écologique : quand les pompiers sont recrutés chez les marchands d’allumettes.
La planète brûle, les glaciers fondent, les océans suffoquent. Mais, rassurez-vous : Bruno dit la « Pavlová » vient d’être nommé co-président du « Fashion Pact ». On imagine déjà les ours polaires sabrer le champagne, mais du « Don périt, gnon ».
Ce club de bienfaiteurs rassemble les grandes maisons de luxe et les champions de la surproduction, H&M et Inditex en tête. Un peu comme si l’on confiait la protection des poumons à l’industrie du tabac. Ici, les engagements sont volontaires, les sanctions inexistantes et les contrôles indépendants non contraignants. La responsabilité sans les responsabilités : une invention admirable. Lire la suite »
LES RAPPEURS NOUVEAUX DA DU LUXE
Monet aurait-il été directeur artistique chez Vuitton ? La question prête à sourire, mais la mode a déjà répondu : l’artiste n’est plus invité au défilé, il le dirige.
Il fut un temps où un rappeur n’approchait la mode que par la porte de service : un clip, une chaîne en or, une mention dans un couplet. Aujourd’hui, il entre par la grande porte, avec un badge et une carte de visite. Dernier exemple en date : Wale, rappeur nominé aux Grammy Awards, vient d’être nommé directeur de la création et associé de CapSole, entreprise spécialisée dans la conservation des sneakers. La basket, jadis jetée quand elle était usée, est désormais traitée comme une toile de maître. Et si l’on conserve des sneakers comme on conserve des Nymphéas, la question devient presque sérieuse : qui est le conservateur, et surtout, qui est l’artiste ?
Wale n’est pas un cas isolé, il est le symptôme d’une époque. Pharrell Williams chez Louis Vuitton, Kanye West et ses Yeezy, Travis Scott, Tyler, the Creator, et l’ombre tutélaire de Virgil Abloh : ce sont largement des créateurs afro-descendants qui dominent aujourd’hui la scène de la sneaker de luxe. Ceux qui, hier, tenaient le rôle d’« inspiration » (le mot poli pour « source gratuite d’idées ») signent désormais les collections et fixent les prix. Après des décennies à copier la culture noire pour la rebaptiser « streetwear » dès qu’elle passait en vitrine avenue Montaigne, le luxe a fini par comprendre qu’il valait mieux s’associer à la source. Lire la suite »
LES PETITS MARQUIS DE LA FASHION WEEK

Petite chronique d’une cour où l’apparence tient lieu de talent.
Bienvenue à la Fashion Week de Paris, ce grand bal des prétentions où les vêtements sont devenus secondaires et où l’important n’est plus de voir, mais d’être vu. Au premier rang trône Léna Saturation, impératrice du téléphone portable, grande prêtresse de la story et de l’autocélébration numérique. Chaque apparition devient un événement, chaque mouvement une publication, chaque respiration une occasion de produire du contenu. Lire la suite »
GAULTIER DE TROIS QUARTS

Dimanche dernier, j’ai assisté à un défilé Jean Paul Gaultier. Enfin, quand je dis « assisté »… J’étais assis, c’était déjà beaucoup ! Et quand je dis « Jean Paul Gaultier », je devrais plutôt dire « Jean Paul Laptkin », puisque Jean Paul est parti en 2020. Il est parti, mais la maison est restée. C’est généralement le contraire : la maison part et le monsieur reste, dans son salon, face à un huissier ou à un fonctionnaire de la brigade financière.
Alors, on a engagé un Néerlandais. Un Néerlandais ! Vous vous rendez compte ? Un homme du plat pays, chargé de nous inventer des silhouettes féminines extravagantes, avec des pointes ! Mais enfin, quand on vient d’un pays plat, on ne peut avoir que des idées plates ! Lui a contourné le problème : il a imaginé des cols qui poussent vers le haut, en relief, comme un Néerlandais qui chercherait à se venger de la géographie de son enfance. Lire la suite »
LA DÉCENCE N’EST PAS UNE TENDANCE
Il aura donc fallu attendre 2026 pour que le monde de la mode découvre une évidence que l’on ne profite pas de sa position pour abuser des plus vulnérables. Quelle révolution ! Quelle audace ! Deux géants du luxe : un français et un Italien annoncent désormais une « tolérance zéro », comme si le respect, le consentement et la protection des mineurs étaient des concepts avant-gardistes.
Mais, enfin, depuis quand faut-il une charte pour enseigner ce que tout le monde sait déjà ? La mode, qui prétend dicter les tendances, semble avoir quelques décennies de retard sur la décence.
On nous parle de formations, d’accords écrits, de signalements anonymes. Magnifique ! Il faudrait donc apprendre à des adultes qu’une position de pouvoir ne donne aucun droit sur le corps d’autrui. Et protéger l’anonymat de ceux qui dénoncent, preuve éclatante d’un milieu où parler peut encore coûter une carrière ! C’était déjà le cas en quarante, décidément la France ne change Jamais !
Et que dire de cette autre découverte : à seize ans, on est encore mineur ! Il aura fallu des années pour que l’industrie du luxe réalise qu’habiller des adolescents en adultes ne les rend pas adultes pour autant. Le plus consternant n’est pas l’annonce de ces mesures. C’est qu’elles soient encore présentées comme un progrès.
Car le problème dépasse largement les podiums. Il commence parfois dans les écoles de mode, se poursuit dans les agences, les studios, les maisons, partout où certains confondent influence et impunité, opportunité et soumission. Ce milieu, si prompt à donner des leçons d’esthétique, de diversité et de modernité, découvre soudainement les principes élémentaires du respect humain, et de la bonne éducation. Lire la suite »
LOUIS VUITTON : LE FUTUR EN PANNE SÈCHE

On nous avait promis une collection qui flotterait dans l’air. Nous étions censés monter vers les étoiles, embarquer à bord de vaisseaux spatiaux abandonnés à notre émerveillement, décoller vers un avenir brillant, métallique, désirable. Nous avons surtout assisté à un crash. Et pas n’importe lequel : un crash en plein cœur de Paris, sous les dorures du Louvre, avec Nicolas Ghesquière aux commandes et Louis Vuitton comme compagnie aérienne. Le vaisseau devait viser la Lune. Il a surtout réussi à tourner en rond sur sa propre piste d’atterrissage. Lire la suite »
CHANEL L’ENVOL DE BLAZY SOUS LA VERRIÈRE
Je suis entré sous la verrière du Grand Palais comme on pénètre dans un souvenir qui n’est pas encore le sien. Tout y était couleur, tout y était élan : des teintes qui se répondaient comme des échos au bord d’une falaise, des silhouettes qui allaient et venaient, les unes sévères, les autres rieuses, et sur chacune la main d’un homme, Mathieu Blazy, qui avait voulu embrasser Chanel tout entière, sa légende et son avenir avec 83 silhouettes couvrant une grande variété de styles. Lire la suite »
Quand une montre à 260 000 euros préfère rentrer chez elle !