PARIS FASHION WEEK 2020

LA METHAMORPHOSE PARIS 2020

Publié le Mis à jour le

Cette collection ne décrit en rien les mésaventures de Gregor Samsa, dans le livre de Kafka, mais de deux polonaises. Elles ont, cette année, sortie les points de feston couture pour donner une collection qui n’a rien à voir avec celle de l’année dernière. « Les couleurs de l’âme » est le titre de la collection : un cœur et une âme qui s’éveillent dans une conscience neuve et une âme qui écoute au lieu de vouloir être entendue.

Comme des mains sur les touches d’un piano, vous savez comment composer la musique des robes, et je me laisse envahir par cette musique, la fatigue peut-être ? Non, je deviens le simple serviteur de cette collection qui me donne envie de dépasser ma page. Pourquoi et comment, à cet instant ! Je n’en sais rien, mais peut-être, est-ce le désir de connaître le pourquoi et le comment qui s’appelleront dorénavant curiosité.

Une transparence de tulles sublimée par des mousselines, du satin et des soies, poésie de l’insaisissable, résolument optimiste, un souffle de beauté en ces temps de grisaille, interprétant le cœur humain, usant des sonorités et des sens pour exprimer les sentiments les plus nuancés, et évoquant des images qui résonnent puissamment dans l’imaginaire de mon passé avec une Polonaise. Voici donc la Pologne à l’honneur dans un tourbillon de taffetas, je n’aurai qu’un mot « Gratulacje » Mesdames, vous qui rendez à la Pologne la couleur de sa splendeur d’antan. Lire la suite »

YANINA PARIS FASHION 2020

Publié le Mis à jour le

La salle réservée du musée d’Art Moderne de la ville de Paris était bien trop petite pour accueillir la diaspora russe présente comme si, nous étions après la révolution d’Octobre. Tous les russes de Paris étaient là, à l’exception de la comtesse Ignatieff, ma copine, qui n’a pas été invitée et pour laquelle je n’ai pas réussi à obtenir une invitation, mais je lui ai dit avec la méchanceté qui me caractérise : « Ne t’inquiète pas, tu auras une invitation quand elle fera de la vrai Haute Couture, et quand tu seras une vraie Comtesse ».

En réalité, cette collection était un peu déroutante, car vous pouvez trouver le pire comme le meilleur : certaines robes sont assez mal finies et coupées par une modéliste qui ne connait visiblement pas son métier et travaille probablement les points de feston avec des gants de boxe, et, en même temps, vous découvrez une merveille qui vous apparaît comme cette robe jaune avec un bustier de pétales de fleurs tout droit sortie des jardins de Monet et du plus bel effet. La dichotomie entre les deux pièces est tellement flagrante que vous ne pouvez que penser qu’il y a deux créateurs dans la maison.

Yanina, qui usuellement a un thème pour chaque collection, nous propose un communiqué de presse qui n’a aucun sens. On pourrait imaginer que les robes noires très transparentes des mannequins, qui défilaient devant moi, levaient le voile sur les nuits chaudes de Saint-Pétersbourg. Or, il n’en était rien. Les designers sont ainsi ; une fois, ils nous emportent dans un rêve à l’apogée de la Haute Couture et parfois, nous restons au ras-du-sol. Cette fois-ci nous sommes entre deux eaux. Lire la suite »

JULIE DE LIBRAN PARIS 2020

Publié le Mis à jour le

Ayant fait ses armes chez Gianfranco Ferré, Versace, Prada et Louis Vuitton, « soit-disant », on aurait pu penser voir de l’excellence devant ce parcours. Ayant vécu trop longtemps en Californie, sa couture tombe comme les Kardashians, « bien chiante », et les gens de goût ne faisaient pas partie de la présentation de cette bouchère de la couture, que je ne souhaite pas « Meat » her. Encore une créatrice douée seulement en 140 caractères, poétesse de mode qui nous donne sa prose où les vers s’y sont déjà mis. Une nature moyenne qui aspire au grand sans pouvoir l’atteindre. Voilà ce que nous propose la Chambre pour remplacer Karl ! Lire la suite »

ROLLAND BLANCHE MEIGE DE L’ÂME

Publié le Mis à jour le

Il trône dans l’azur comme le sphinx de la couture, et nous présente son cœur de neige et la blancheur de son cygne. Le blanc est de sortie pour le plus « orchidée in » de la couture, et sachez écouter ce blanc du monde dans le vrombissement du satin duchesse comme une cathédrale dressée dans le clair-obscur. Ecoutez le satin et l’organza aux dos décolletés et nonchalants qui crachent la fibre optique comme des serpents d’écume. Entendez le blanc du monde, la solitude des steppes sous des soleils évaporés. Ici au Palais de Chaillot tout balance et tout oscille, on ne se souvient plus de sa naissance, on entre dans un silence immortel et le lait des rêves du créateur coule de son imagination comme la voix des divas. Dansez le blanc du monde, buvez ses chimères, qu’importe elles vous mèneront dans l’émerveillement et celui-ci n’a pas de frontière.

Le Blanc se situe à la fois au début et à la fin du jour, c’est la couleur de l’Est et de l’Ouest, un moment charnière pour un nouveau départ. Le Blanc est donc une couleur liée aux rites de passage, et aux mutations de l’être, suivant en cela le schéma classique de toute initiation à la renaissance. Stéphane Rolland veut-il nous donner un message pour un nouveau départ ?

Une superbe robe chocolat avec bustier sculpture brodée de cristal de toute beauté, pour une collection qui porte loin le rêve, et qui jusqu’à présent est le meilleur show de la Fashion Week de Paris, un rêve de princesse pour une collection de toute beauté.

Anonymode

DIOR, LA FEMME DE MA MÈRE

Publié le

Dior vient poser une structure du corps de la femme couchée, on pourra dire ainsi « la Maria couche toi là » est de retour. Voici une structure monu-démentale qui rappelle plus une extravagante sculpture de Anish Kapoor posée comme une grosse déjection en plein milieu de Paris. Voilà qui va faire plaisir aux « moto grottes » de la ville.

C’est dans ce même musée que Camille Claudel avait montré par ses créations toute la féminité du monde. Maria Chiuri rêve-t-elle de celle-ci ? Comme un hommage à son éducation romaine, les mannequins, toutes voiles flottantes dehors, nous rappellent les vestales virginales romaines, celles-là même qui faisaient vœux de célibat pour honorer la déesse Vesta. L’ambiance est toute religieuse et c’est bien normal ! Des statues du St Empire germanique devant leur dieu de Tolède qui préside, là où une robe blanche brodée d’un utérus à paillettes suscitera la frénésie médiatique.

Pourtant, sous la tutelle invisible d’un ange, la créatrice s’enivre de soleil. Voici l’ambroisie et le nectar du vermeil qui courent entre les robes de ses prédécesseurs (Josse, Franck Sorbier et Hervé Léger) remixées avec une robe des années 30 ; clin d’œil à Judy Chicago, plasticienne et militante de son état, pour finir par rendre une collection digne de Louisa Spagnoli. La création est ainsi faite. La personnalité de chacune est formée des autres, et Maria c’est les autres. Soixante dix sept silhouettes à la feuille d’or, quoi de plus normal pour le nouveau propriétaire de Tiffany, ponctuées de colliers floraux, de bracelets en forme de serpent à l’image de ces attachées de peste, et des sandales ailées, qui viennent nous décoller la rétine. Lire la suite »

DIOR, BLAME ON YOU !

Publié le

Il était l’excentricité bien qu’il n’y avait pas de snobisme en lui. Il créait ses accessoires en recyclant tout ce qu’il avait sous la main ; déjà un visionnaire écolo. Judy Blame était un doux dingue et punk londonien de son état. Judy… pour Judy Garland et  Blame est venu s’accoler à son nom, à force d’en rire, disait-il, car il vaux mieux en rire qu’en pleurer. Voici le clin d’œil de Kim John qui s’est abondamment inspiré de cet héritage pour sa collection. Et, en raison de la passion du créateur pour la couture, le défilé a été un défilé de dandys portant des soies moirées taillées avec de grosses cocardes, des laines précieuses à la fois tricotées et utilisées pour des manteaux volumineux et des gants d’Opéra qui complétaient chaque look. La première chose que l’on pouvait voir était les bijoux (éléments caractéristiques du look de Judy Blame).

Néanmoins, la collection de Kim Jones proposait une silhouette large et décontractée qui, même si elle était visiblement nostalgique, était séduisante. La devise de Judy, son mentor ou modèle, était : « rendre plus accessible pour ses clients l’excentricité généreuse », car, pour lui, depuis toutes ces années, il s’agissait avant tout du même plaisir : s’exprimer, s’habiller, s’amuser… Un Galliano avant l’heure. Lire la suite »

VUITTON MA GRIPPE

Publié le

Il inspecte l’invisible, et est rompu aux formes vieilles parmi les innocents, voici la nouvelle école dite « Rapeurisant », comme un grand prêtre boulimique de la couture basse et maquignon du point de feston, il est le proxénète de l’envie des autres.

Depuis qu’Abloh a lancé la ligne homme pour Vuitton en essayant de faire de la marque un phénomène pour les Milleniaux, et alors que ses débuts étaient prometteurs, voilà la suite qui sera plus « promoteur » pour le Seigneur des Arnault dû aux méventes et à un style, qui à terme ne pouvait être contrôlable, même pour LVMH. La boîte de Pandore, qui avait été ouverte, aura beaucoup de difficultés à contrôler ce changement. Le Seigneur, le sachant, aurait-il donné ses instructions pour que les ventes décollent ? En tout cas, c’est au jardin des « Huileries » qu’a eu lieu la présentation, là où quand vous rentrez, c’est comme lors d’un dîner de famille et d’amis animé par des célébrités et des rappeurs. Si vous n’êtes pas un Afro-Européen, vous êtes persona non grata, et aucun journaliste, digne de ce nom, n’est d’ailleurs présent. Seules quelques « blo Gueuses » de moche pour la circonstance ont été déposées frauduleusement sur le bitume.

C’est la plus belle mise sous perfusion d’un sérum de jeunesse pour la marque Vuitton qui a presque 170 ans. Cela aurait pu être positif, mais l’énergie du départ n’était -elle pas seulement qu’un « burn out » ? Le manque de profondeur de cette collection nous fait re-basculer du rêve à un nouveau cauchemar. Lire la suite »

WALTER VAN BEIRENDONCK

Publié le Mis à jour le

Bienvenue dans le monde supra imaginaire du plat pays, celui qui est venu des six d’Anvers pour une partie sombre de sadomasochisme. Nous étions venus voir le King et nous avons fini par voir le Kong. Retour sur le monde extraordinaire de la Fashion « Trique ». Lire la suite »

ENVIRO-DÉ-MENTAL VALADE NON ?

Publié le Mis à jour le

Signe de la montée en puissance de son engagement en matière de développement durable, LVMH a nommé Hélène Valade directrice du développement environnemental, à compter de cette semaine. Nous voilà entrées dans l’année chinoise du lapin… c’était bon pour le développement du râble ! Hélène Valade sera rattachée à Antoine Arnault qui, en plus de ses fonctions de directeur de la communication, prend désormais en charge la direction de l’environnement.

Valade succède à Sylvie Bénard, directrice environnement pendant 26 ans. Cette Madame « Valade » rejoint le groupe de luxe en provenance du Canal Français Suez, et ainsi évite le cap de Bonne-Espérance. Spécialisée dans les déchets, et je ne parle pas là des anciens employés du groupe, elle était directrice du développement durable depuis 2014 pour la Forme de l’eau du deuxième groupe mondial devant Veolia. Elle conseillera le fils du Seigneur sur l’environnement, par exemple: racheter le pastis Ricard, car il préserve la « couche d’eau jaune », ou arrêter le massacre des cochons « tirelire », car c’est toujours les mêmes qui paient. Lire la suite »

EMANUEL UNGARO MEURT A PARIS

Publié le Mis à jour le

Emanuel Ungaro meurt hier à Paris, il sera inhumé ce jour en l’église St Roch. À partir de l’âge de neuf ans, Emanuel Ungaro commence par apprendre le métier de tailleur avec son père, à Aix-en-Provence. Issu d’une famille d’immigrés italiens très modeste, originaire des Pouilles, Francavilla Fontana plus exactement, il décide alors de rejoindre Paris puis Barcelone chez Balenciaga.

Formé par Balenciaga chez lequel il passera six années, puis deux ans chez Courrèges, il crée sa griffe en 1965 et présente sa première collection durant la tendance de la mode futuriste, avec peu de moyens. Sa marque de fabrique : des mélanges d’imprimés, des nuances vives, un art du drapé. Le magasin principal d’Emanuel Ungaro est situé au début de l’avenue Montaigne, à Paris. Dans les années 1980, il fait partie des cinq grands noms de la haute couture parisienne, dans cette période de renouveau de la mode française.

En 1996 sa société est rachetée par le groupe italien Ferragamo pour mieux se développer. Mais, n’étant plus maître de sa propre maison, il préfère arrêter. Il quitte le monde de la mode parisienne le 26 mai 2004 après plus de 35 années de collections.

En 2008, la marque de cosmétiques M·A·C utilise son nom pour la diffusion d’une petite collection de produits de maquillage. En 2009, il dessine un motif pour les deux timbres de Saint-Valentin pour La Poste française. En 2009, le label avait réalisé des ventes d’environ 200 millions de dollars de produits de parfumerie et de lignes moins chères vendues en Asie, mais la collection perd de l’argent depuis des années. Lire la suite »