FASHION WEEK LONDON 2020

ORNITHO-POESIE PAR VERONIQUE

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Entre le dessin indien mandala et les croquis de Picasso de 1938, Véronique Soboul-Polchi impose un style tout à fait nouveau ; des oiseaux de paradis, moitié végétaux et moitié volatiles, comme Giuseppe Arcimboldo mais en noir et blanc. Véronique nous laisse la couleur à notre appréciation, déterminée par les substances chimiques de notre cerveau, qui peu à peu viennent apporter une vision extrasensorielle. Vingt quatre paires de chromosomes contre 23 usuellement, elle fait cohabiter l’inertie et le mouvement.

Comme un fœtus en mal de mouvement, voilà deux corps et deux natures comme une poésie ornithologique et fantomatique, en noir de chine et en papillé pour le symbole du dessin qui nourrit. Grâce à la plume de chine qui crisse et les traçant d’un geste plus « signe » que mouvement, vous avouerez que pour un oiseau quelle image !

Un trait au dynamisme fondamental, au geste élémentaire, exorcisant l’encre et criant de rage dans la puissance des esquisses, qui libère le corps en proie à l’inertie que l’esprit sans vergogne veut nous imposer, et que la raison nous force par nature au vacillement. Une exposition à ne pas manquer, à la boutique Philippe Model, Maison 19 rue Racine Paris 75006.

Anonymode

COPERNI LE PRODROME DE MODE

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Coperni, les deux français Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer qui n’avaient déjà pas faire de miracle chez Courrèges, reprennent leur marque « Coperni » en pensant qu’ils vont toucher les étoiles, et nous apprendre que la terre tourne sur elle-même et que la lune est un satellite de celle-ci. Les jeunes sont ainsi. Ils pensent qu’ils sont venus au monde très jeune dans un monde très vieux.

Le duo s’est rencontré en 2009 à Mod’Art International à Paris. Voilà, certainement le problème ! Il est vrai que les gens qui refusent de vous inviter sont souvent des incertains, et de surcroît souvent pas les meilleurs ! Voici la mode dans un prosaïque descriptif de la minutie manquante, découpant les couleurs, inspectant l’atome et pointillant l’éléphant pour le côté pachydermique. Ils finissent par donner aux yeux de l’esprit la sensation insupportable d’un sentiment d’un corps en tôle brillante qui ne fait que de vous éblouir, et qui vous empêche de voir les « Mûres », bien connue les mûres ont des abeilles.

Il y a assez de bitumeuses comme cela et les choses vulgaires n’ont pas besoin d’être augmentées par un nombre qui submerge jusqu’à l’écœurement. Que l’on se passe le mot concernant ces couturiers faiseurs de bric-à-brac, se dissimulant derrière des paradoxes truculents et des axiomes pour la populace. Lire la suite »

HLA x AEX LONDON 2020

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Pour appréhender une collection, chacun dispose de ses propres équations, mais les créateurs sont tous confrontés au doute fondamental et à la fameuse angoisse de la robe blanche. Le doute du créateur commence par la tentative de se convaincre lui-même de la nécessité de son travail qu’il est sur le point d’entreprendre. L’inspiration naîtrait-elle donc du doute ?

Présentement, nous n’avons aucun doute sur ces chinoiseries, un semblant d’essais pour attirer l’attention sur une couture où plus on est de fou, moins il y a de riz. C’est la confrontation entre la force du désir de l’Empire du Milieu et la fragilité de leur technique, qui n’est pas adossée à la sécurité d’un savoir. A la question si celui-ci a peur de présenter à Londres avec les européens, ce dernier répondrait probablement non, mais comme disait Sarah Bernhardt : « Rassurez-vous, cela viendra avec le talent ! »

Pour cette collection, voilà que le bon vieux costume de Slimane, non revisité, fait son retour de façon aussi inattendue que paranormale. C’est comme le disque des années 1970, c’est bien noir, cela brille beaucoup, cela a un trou au milieu, et sa grésille dans nos yeux. L’effet de la mousseline comme imperméable ne va pas nous éblouir, loin s’en faut, coupe approximative, une belle brochette de créations que même Zara ne voudra pas copier, un comble! Lire la suite »