MARIA GRAZIA ET LE SATYRE

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Mi-homme mi-bête, voici le Satyre, le Silène, homme sous les traits rustres avec une queue ainsi que des cornes de bouc et un appendice humain en érection plus grand que la tour de Babel, pour exciter les bimbos de la Fashion Week, et pour Maria Grazia un souvenir lointain très lointain… une nébuleuse même !

Silène est le nom du père nourricier de Dionysos qui favorisa son intégration graduelle dans le culte dionysiaque. Pendant les fêtes d’Athènes, on jouait trois tragédies suivies d’un drame satyrique, dans lequel les membres du chœur étaient habillés en satyres. Ces pièces étaient des parodies de légendes, et le chœur des satyres exprimait la couardise, la lubricité et le plaisir, une sorte de rue Quincampoix et du 41 réunis en un feu « d’artifesse » de Paname.

Dior nous offre un mélange surprenant de deux grooms qui livrent dans la plaine mythologique les robes de la Maison. Des livreurs « Uber » pour les hôtels du groupe transformant d’un seul coup le mythe de la couture et de l’hôtellerie en un seul rêve, celui de voir la poésie de Franck Sorbier rentrer à force dans le pays de l’argent et de la luxure, un clin d’œil au luxe, peut-être ?

Des miniatures, comme une image, de ceux qui connaissent la couture, et qui pendant la dernière guerre avaient construit des minirobes par manque de tisssu, une collection que Jacques Mouclier, en son temps, avait été chercher au États-Unis afin de faire revivre cette époque de pénurie que le Seigneur des Arnault ne croyait plus connaître. Mais, la Covid est passée par là. Rien ne peut résister à l’attraction d’une robe Dior et même les Sylphides, ces femmes idéalisées, plus imaginaires que réelles, objets de rêveries amoureuses, tombent dans le panneau du Seigneur.

Je voudrais t’enlacer comme fait le lierre autour de mon corps, comme une robe de Dior, pénétrer dans ta chair tel un fjord qui entre dans la mer, entendre le ressac de ton sang à la simple friction du tissu sur ma peau, et, enfin tomber, là où le parfum seul des cheveux d’ange paraît une faveur conquise, une heure de tendresse exquise où le respect du beau est un aveu, où la beauté est respectée à l’infini.

Anonymode

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