Mois: janvier 2020

ZIAD NAKAD FILS D’ASTRAIA

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Pour mes détracteurs, je ne prends seulement que la dictée de l’histoire, car, hors du temps, les créations de ce couturier défient les galaxies avec des robes spectaculaires qui transportent les femmes dans un rêve. Comme des constellations au velours bleu du soir qui fixeraient les étoiles sur du tulle argenté au firmament de la mode, pour enivrer la nuit d’une douce transparence sublime.

Ziad Nakad éveille les rêves les plus profonds et avec ses coloris pastels, champagne, argent et rouge soleil qui rougeoient dans l’infini, il nous transforme l’âme en un volcan qui s’impose à nous en créant le chaos dans notre imaginaire. Ce fils spirituel d’Elie Saab crée pour les princesses les plus riches d’Europe, et Libanais, de son état, il nous raconte les contes des mille et une nuits, en éclairant la mode comme Aladin de sa lampe merveilleuse.

Des rivières généreuses de broderies et de pierres précieuses, ultra-féminines, des robes fourreaux des plus sexy parées de drapés spectaculaires, un vestiaire précieux pour sa galaxie comme pour honorer les étoiles de son Orient natal. Lire la suite »

BOUCHRA JARRAR RETOUR EN GRASSE

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Bouchra « j’rale » de ne plus être au calendrier Haute Couture. L’égérie fabriquée de toute pièce de patrons par D. Grumler, et la marocaine, la plus connue de Larache, nous donne, pour son retour sur la scène parisienne, un gilet sans dos orné de plumes et de perles, qui, elles, ne venaient pas du golfe Persique mais de Chine « made in plastique », un pantalon ample avec T-shirt de style ; « le T-shirt, une pièce bien connue dans la Haute Couture !!! » Et voilà, la nouvelle invitée du calendrier alors qu’ « On Aura Tout Vu », n’est même plus membre invité. Un comble !

Des bracelets en plumes d’inspiration « Massaï à la tronçonneuse », et réminiscence d’une version revisitée de sa ligne homonyme, pour un nouveau « slow gant ». Un jour, j’irai vivre en théorie parce qu’en théorie tout se passe bien. Une leçon de la parisienne dans un petit appartement passant par une chemise blanche, un pantalon, une écharpe bicolore avec une ceinture intégrée, tissu berbère et vous êtes « Soudan » passé du standard au chic merci « BoucheraZara ». La couleur caramel en hommage à ses racines nous « Rabat » notre caquet : « Ce sont mes couleurs d’ origine ». Le caramel colle au « palais » et menace la couronne. Lire la suite »

HERMES ON EST CE QU’ON NAÎT

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« Et pourtant, mon cœur n’a pas de ride » s’exclamait Madame de Sévigné. À son époque, les soins se résumaient au lait d’ânesse, au vinaigre ou à la fleur de Capucine, mais aussi au rouge de craie de Briançon et au blanc de céruse également appelé blanc de Saturne. Le tout était acheminé de Venise par les premiers marchands de fards. Voici donc la maison Hermès qui fait courir à ses clientes une course en arrière pour la quête de leur jeunesse perdue; un prix de diam avant l’heure.

Il va en falloir des rouges à lèvres, et des corps gras en pagaille, pour tartiner de rouge les lèvres sur-gonflées de Botox des clientes de la maison herpès. C’est le communiqué de peste qui nous a inspiré avec ces 75 000 échantillons de soie et ces 900 nuances de cuir que la marque a compressé soit disant dans un tube. Un emballage rechargeable pour la caution écologique, et, au final, une collection qui sera en boutique à partir du 4  « sur mars » exclusivement dans les boutiques Hermès vu qu’ils sont persona non grata pour les boutiques de la plus belle épouse de Moïse et de la fille de Jethro.

Un philosophe disait avec beaucoup d’humour à 85 ans, que vieillir était un allègement. Mais la maison du Faubourg n’a pas compris que, outre le fait de vieillir et de régler le problème du vieillissement par la chirurgie esthétique et le Botox à outrance, mais aussi plus « softement » par des fars de toutes sortes, qu’il y a une autre solution, qui est bien plus efficace, un secret : donné ici par le bon sens même. Lire la suite »

LA METHAMORPHOSE PARIS 2020

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Cette collection ne décrit en rien les mésaventures de Gregor Samsa, dans le livre de Kafka, mais de deux polonaises. Elles ont, cette année, sortie les points de feston couture pour donner une collection qui n’a rien à voir avec celle de l’année dernière. « Les couleurs de l’âme » est le titre de la collection : un cœur et une âme qui s’éveillent dans une conscience neuve et une âme qui écoute au lieu de vouloir être entendue.

Comme des mains sur les touches d’un piano, vous savez comment composer la musique des robes, et je me laisse envahir par cette musique, la fatigue peut-être ? Non, je deviens le simple serviteur de cette collection qui me donne envie de dépasser ma page. Pourquoi et comment, à cet instant ! Je n’en sais rien, mais peut-être, est-ce le désir de connaître le pourquoi et le comment qui s’appelleront dorénavant curiosité.

Une transparence de tulles sublimée par des mousselines, du satin et des soies, poésie de l’insaisissable, résolument optimiste, un souffle de beauté en ces temps de grisaille, interprétant le cœur humain, usant des sonorités et des sens pour exprimer les sentiments les plus nuancés, et évoquant des images qui résonnent puissamment dans l’imaginaire de mon passé avec une Polonaise. Voici donc la Pologne à l’honneur dans un tourbillon de taffetas, je n’aurai qu’un mot « Gratulacje » Mesdames, vous qui rendez à la Pologne la couleur de sa splendeur d’antan. Lire la suite »

YANINA PARIS FASHION 2020

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La salle réservée du musée d’Art Moderne de la ville de Paris était bien trop petite pour accueillir la diaspora russe présente comme si, nous étions après la révolution d’Octobre. Tous les russes de Paris étaient là, à l’exception de la comtesse Ignatieff, ma copine, qui n’a pas été invitée et pour laquelle je n’ai pas réussi à obtenir une invitation, mais je lui ai dit avec la méchanceté qui me caractérise : « Ne t’inquiète pas, tu auras une invitation quand elle fera de la vrai Haute Couture, et quand tu seras une vraie Comtesse ».

En réalité, cette collection était un peu déroutante, car vous pouvez trouver le pire comme le meilleur : certaines robes sont assez mal finies et coupées par une modéliste qui ne connait visiblement pas son métier et travaille probablement les points de feston avec des gants de boxe, et, en même temps, vous découvrez une merveille qui vous apparaît comme cette robe jaune avec un bustier de pétales de fleurs tout droit sortie des jardins de Monet et du plus bel effet. La dichotomie entre les deux pièces est tellement flagrante que vous ne pouvez que penser qu’il y a deux créateurs dans la maison.

Yanina, qui usuellement a un thème pour chaque collection, nous propose un communiqué de presse qui n’a aucun sens. On pourrait imaginer que les robes noires très transparentes des mannequins, qui défilaient devant moi, levaient le voile sur les nuits chaudes de Saint-Pétersbourg. Or, il n’en était rien. Les designers sont ainsi ; une fois, ils nous emportent dans un rêve à l’apogée de la Haute Couture et parfois, nous restons au ras-du-sol. Cette fois-ci nous sommes entre deux eaux. Lire la suite »

JULIE DE LIBRAN PARIS 2020

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Ayant fait ses armes chez Gianfranco Ferré, Versace, Prada et Louis Vuitton, « soit-disant », on aurait pu penser voir de l’excellence devant ce parcours. Ayant vécu trop longtemps en Californie, sa couture tombe comme les Kardashians, « bien chiante », et les gens de goût ne faisaient pas partie de la présentation de cette bouchère de la couture, que je ne souhaite pas « Meat » her. Encore une créatrice douée seulement en 140 caractères, poétesse de mode qui nous donne sa prose où les vers s’y sont déjà mis. Une nature moyenne qui aspire au grand sans pouvoir l’atteindre. Voilà ce que nous propose la Chambre pour remplacer Karl ! Lire la suite »

SORBIER, LES CHEVAUX DE FEU

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Et le cheval longea ma page avec sa cavalière et ombrait ce que j’écrivais. Il tourna lentement la tête, et comme s’il avait eu peur que je lise en son cœur de bête, étirant son chanfrein, afin de toucher le soleil du Mexique. Il s’élança en roi jouant avec sa liberté éternelle, il galope, plus vite encore sans se soucier du monde qui l’entoure et frôle les aficionados de la Fashion Week, mêlant le vent et ses crins d’or, mais surtout venant sans le savoir faire onduler la robe de Franck Sorbier dans l’horizon de Neptune.

Aujourd’hui l’espace est splendide, sans mors ni éperon, mais surtout sans brider notre esprit. Comme deux anges que torturent une implacable calenture d’organza, dans le bleu cristal du matin nous suivons le mirage lointain ! Oh ! la belle Amazone Mexicaine ! Son jeune front rayonne d’orgueil, et le plaisir lui brûle les pieds par le bonheur de galoper en un lieu si proche d’un totem que l’on mangerait comme un Kuki !… Des Amazones nées filles de La Caballera par la Nymphe guerrière de Mario Luraschi, cela ne s’invente pas. Autrefois, elles vivaient près du Rio Grande et les voilà seules parmi les belles à revêtir l’armure de notre poète de la couture, Franck Sorbier.

Leurs regards hautains enveloppent les mâles engloutis sous les flots de la beauté de la scène. Parmi les rayons morts et les cendres éteintes de la Haute Couture, le président Morand applaudit à tout rompre devant ce spectacle, nos lèvres et nos mots ne profaneront pas l’immortel souvenir de l’étreinte que le couturier nous impose, lui qui est loin très loin de la couche obscène et de l’impur repas que nous sert usuellement la Paris Fashion Week depuis le début de la semaine. Lire la suite »

ROLLAND BLANCHE MEIGE DE L’ÂME

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Il trône dans l’azur comme le sphinx de la couture, et nous présente son cœur de neige et la blancheur de son cygne. Le blanc est de sortie pour le plus « orchidée in » de la couture, et sachez écouter ce blanc du monde dans le vrombissement du satin duchesse comme une cathédrale dressée dans le clair-obscur. Ecoutez le satin et l’organza aux dos décolletés et nonchalants qui crachent la fibre optique comme des serpents d’écume. Entendez le blanc du monde, la solitude des steppes sous des soleils évaporés. Ici au Palais de Chaillot tout balance et tout oscille, on ne se souvient plus de sa naissance, on entre dans un silence immortel et le lait des rêves du créateur coule de son imagination comme la voix des divas. Dansez le blanc du monde, buvez ses chimères, qu’importe elles vous mèneront dans l’émerveillement et celui-ci n’a pas de frontière.

Le Blanc se situe à la fois au début et à la fin du jour, c’est la couleur de l’Est et de l’Ouest, un moment charnière pour un nouveau départ. Le Blanc est donc une couleur liée aux rites de passage, et aux mutations de l’être, suivant en cela le schéma classique de toute initiation à la renaissance. Stéphane Rolland veut-il nous donner un message pour un nouveau départ ?

Une superbe robe chocolat avec bustier sculpture brodée de cristal de toute beauté, pour une collection qui porte loin le rêve, et qui jusqu’à présent est le meilleur show de la Fashion Week de Paris, un rêve de princesse pour une collection de toute beauté.

Anonymode

DIOR, LA FEMME DE MA MÈRE

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Dior vient poser une structure du corps de la femme couchée, on pourra dire ainsi « la Maria couche toi là » est de retour. Voici une structure monu-démentale qui rappelle plus une extravagante sculpture de Anish Kapoor posée comme une grosse déjection en plein milieu de Paris. Voilà qui va faire plaisir aux « moto grottes » de la ville.

C’est dans ce même musée que Camille Claudel avait montré par ses créations toute la féminité du monde. Maria Chiuri rêve-t-elle de celle-ci ? Comme un hommage à son éducation romaine, les mannequins, toutes voiles flottantes dehors, nous rappellent les vestales virginales romaines, celles-là même qui faisaient vœux de célibat pour honorer la déesse Vesta. L’ambiance est toute religieuse et c’est bien normal ! Des statues du St Empire germanique devant leur dieu de Tolède qui préside, là où une robe blanche brodée d’un utérus à paillettes suscitera la frénésie médiatique.

Pourtant, sous la tutelle invisible d’un ange, la créatrice s’enivre de soleil. Voici l’ambroisie et le nectar du vermeil qui courent entre les robes de ses prédécesseurs (Josse, Franck Sorbier et Hervé Léger) remixées avec une robe des années 30 ; clin d’œil à Judy Chicago, plasticienne et militante de son état, pour finir par rendre une collection digne de Louisa Spagnoli. La création est ainsi faite. La personnalité de chacune est formée des autres, et Maria c’est les autres. Soixante dix sept silhouettes à la feuille d’or, quoi de plus normal pour le nouveau propriétaire de Tiffany, ponctuées de colliers floraux, de bracelets en forme de serpent à l’image de ces attachées de peste, et des sandales ailées, qui viennent nous décoller la rétine. Lire la suite »

DIOR, BLAME ON YOU !

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Il était l’excentricité bien qu’il n’y avait pas de snobisme en lui. Il créait ses accessoires en recyclant tout ce qu’il avait sous la main ; déjà un visionnaire écolo. Judy Blame était un doux dingue et punk londonien de son état. Judy… pour Judy Garland et  Blame est venu s’accoler à son nom, à force d’en rire, disait-il, car il vaux mieux en rire qu’en pleurer. Voici le clin d’œil de Kim John qui s’est abondamment inspiré de cet héritage pour sa collection. Et, en raison de la passion du créateur pour la couture, le défilé a été un défilé de dandys portant des soies moirées taillées avec de grosses cocardes, des laines précieuses à la fois tricotées et utilisées pour des manteaux volumineux et des gants d’Opéra qui complétaient chaque look. La première chose que l’on pouvait voir était les bijoux (éléments caractéristiques du look de Judy Blame).

Néanmoins, la collection de Kim Jones proposait une silhouette large et décontractée qui, même si elle était visiblement nostalgique, était séduisante. La devise de Judy, son mentor ou modèle, était : « rendre plus accessible pour ses clients l’excentricité généreuse », car, pour lui, depuis toutes ces années, il s’agissait avant tout du même plaisir : s’exprimer, s’habiller, s’amuser… Un Galliano avant l’heure. Lire la suite »