AVEC STUPEUR ET TRESSAILLEMENT

Publié le Mis à jour le

Dans les vapeurs de Jack Daniels, une jeune blonde m’a pris sous son aile pour m’emmener jusqu’à son appartement passer une nuit que je peux considérer comme aussi vide que la mémoire défectueuse d’un ordinateur en panne. Dans ce lit, plein de son corps, et moi, dans mon univers de liqueur, je devine ce corps entier de la nuque aux talons et ses seins dans l’ombre creusent la chaleur de la pièce. A l’horizon, une forme parfaite se dessine comme pour ouvrir la porte d’une nuit sans sommeil, mais pourtant, mon corps imite la mort sous l’effet de l’orge fermentée ingurgitée.

Six heures viennent de couler comme la Seine sous le pont Mirabeau. C’est le petit matin et je regarde dans le flou des vapeurs d’alcools un corps dont les jambes n’en finissent pas, et se terminant sur un fessier d’une rondeur si parfaite que je « play » tente immédiatement. Je remonte de mes yeux hagards le chemin qui passe par « L’Origine du Monde », et « Courbet » sous les draps j’aperçois les plus beaux seins lourds de la terre d’une jeune fille d’à peine 20 ans.

C’est le cœur qui parle et qui soupire. Lorsque ma main écrit, c’est le cœur qui s’étend, se découvre et respire comme un pèlerin sur le sommet de l’Himalaya, et peu à peu une distance se creuse entre l’abîme de mes pensées et ce formidable objet de luxure.

Mais, à la vision de son visage, que je découvre dans la pénombre du petit matin, je perçois une laideur plus profonde que le portrait de Dorian Gray. Un seul baiser avec cette blonde au corps si parfait donne à lui seul une touche d’obscénité. Elle me regarde de ses yeux bleues comme une truie en manque de mâle. Je vois à son visage qu’elle remarque mon effroi, c’est visiblement une sensation qu’elle a déjà maintes fois vécue.

J’hésite ! Je me lève et je pars en courant à la vitesse du guépard qui poursuit sa proie, mais lâche, comme beaucoup d’hommes !  Je remets le couvert et lui demande de me tourner le dos pour que ma vue ne soit pas perturbée par cette vision apocalyptique. La laideur d’un visage signifie parfois que l’âme est dévorée par le vice, mais peut-être que c’est pour cela que j’ai un souvenir si ineffable et exaltant de ce corps si parfait exultant mes coups de boutoir avec l’entrain d’un métronome. C’était probablement la fille de Gé et d’Ouranos ceux-là mêmes qui ont engendrés les neuf muses de la mythologie grecque ? Un moment d’éternité entre le laid et le sublime, que je n’oublierai jamais.

Anonymode

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