ISSEY EST LA MODE

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Les nippons les plus parisiens de la capitale, étaient là, avec leur cohorte de vêtements bariolés et, de toute forme, même les feux de plancher y étaient. L’escalier qui monte au sanctuaire du designer-disciple du maître est grandiose. à l’Hôtel de Ville. Le show n’était pas seulement dans la salle mais aussi dans la rue, et dans la foule des anonymes.

Torayasan, grande prêtresse du gâteau japonais, arrive avec un chapeau qui ressemble plus à une pièce montée, image subliminale d’une douairière en recherche de sensations que nous retrouverons un peu plus tard l’air circonspecte devant la colonne Vendôme. Le Président Exécutif Morand arrive en retard et, pressé, fait un geste de l’épaule dédaigneux pour refuser une publication, pensant que le jeune qui la distribuait aux invités, était un homeless lui réclamant de l’argent.

Issey Miyake célèbre cette année ses 45 ans de carrière et, depuis le début, Issey ne cesse d’étudier la relation qui peut exister entre un vêtement et le corps. Cela en est même devenu une légende. De nouveau, sa couture est un laboratoire pour la future et les générations à venir. Il est comme Picasso après avoir possédé toutes les techniques de la peinture traditionnelle, il s’est mis à faire de l’abstrait. Et bien, pour Issey, c’est la même chose. Il est arrivé au sommet de son art et investigue une nouvelle voie et deviendra, par cette action, longtemps, bien longtemps après que l’image d’autres ténors du métier aura disparu, il restera toujours le précurseur de la mode moderne.

La civilisation japonaise est ainsi : quand nous étions encore dans nos maisons de torchis, ils habitaient des maisons de papier et mangeaient déjà du sushi, bien avant que les premiers seigneurs de guerre demandaient que l’on forge l’acier des sabres incomparablement tranchant. Issey est ce sabre. Il tranche dans le tissu avec une agilité et un savoir-faire comme personne. Il façonne la mode à son image et c’est tant mieux.

Je garde ce souvenir de jeunesse de cette dame de 90 ans portant un tailleur plissé d’Issey lors d’un enterrement, et qui au cimetière brillait comme une étoile malgré la douleur et un été trop chaud. Le vêtement se balançait autour d’elle comme si le défunt venait lui faire son dernier au revoir. Issey n’est plus dans la mode. Il est la mode.

Anonymode

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